jeudi 13 avril 2017

Les paradis

Le paradis est là où on le voit, n'est-ce pas ? Pour moi, le paradis, c'est la chaleur, les espaces larges et confortables, la lumière, la bonne nourriture et surtout les amis. Il y a eu plusieurs paradis dans ma vie ; le Kerdou nous abritait en Bretagne quand j'étais petiote, et le jour où je l'ai revu, je l'ai trouvé tout minus... j'avais beaucoup grandi. Les Rigalloux en Charente où Pico et Dédée nous accueillaient pour des week-ends de jeux de rôle endiablés. Bonne Aygue sur le bord du lac de Parentis, où nous passons des heures molles à regarder les enfants sauter dans l'eau toute la journée, où se préparent des plâtrées de pâtes et des crèmes Jock, où les journées s'achèvent sur des parties de molky au rhum et les bougies dans la nuit qui tombe.
Des lieux où je me ressource pour écrire, courir, repartir de plus belle.

Cette année j'ai découvert un nouveau lieu rare et précieux... Ses habitants en ont fait un endroit si accueillant que je le classe immédiatement dans ma liste de paradis.
La maison est immense, un vrai labyrinthe où il doit être si drôle de courir quand on a cinq ans ! Les pièces sont claires, vastes et lumineuses, et l'on sait qu'une fois les volets tirés, leur ombre fraîche servira de refuge aux heures trop chaudes. On a envie de s'y réfugier pour écrire. La cuisine est le centre névralgique, il y fait bon trainer pour le petit-déjeuner, circuler, se croiser, s'entraider pour préparer un repas délicieux et sans chichis, qu'on prendra sous le tilleul, au bord de la piscine. Le lilas et la glycine parfument l'air et l'on prend le soleil, dans les chaises longues, en lisant paisiblement. Certains s'activent, un peu, un jeu s'organise... Il faut prendre la voiture pour aller à la boulangerie, on peut faire un balade, le coin est beau.
C'est déjà l'heure de l'apéro. Les hôtes sont simples et passionnants, cultivés, gentils et puis... on rigole beaucoup. La soirée s'étire, il fait bon, c'est le paradis.

(photos non contractuelles...)

lundi 27 février 2017

Bon anniversaire Anaïs Nin !


«  Pourquoi on écrit est une question à laquelle je peux répondre facilement, me l’étant si souvent posée à moi-même. Je crois que l’on écrit parce que l’on doit se créer un monde dans lequel on puisse vivre. Je ne pouvais vivre dans aucun des mondes qui m‘étaient proposés : le monde de mes parents, le monde de Henry Miller,  le mode de Rango,  ou le monde de la guerre. J’ai dû créer un monde pour moi, comme un climat, un pays, une atmosphère, où je puisse respirer, régner et me récréer lorsque j’étais détruite par la vie. Voilà, je crois, la raison, de tout œuvre d’art. L’artiste est le seul qui sache que le monde est une création subjective, qu’il faut opérer un choix, une sélection des éléments. C’est une concrétisation, une incarnation de son monde intérieur. Et puis il espère y attirer d’autres êtres, il espère imposer cette vision particulière et la partager avec d’autres. Même si la seconde étape n’est pas atteinte, l’artiste, néanmoins, continue vaillamment. Les rares moments de communion avec le monde en valent la peine, car c’est un monde pour les autres, un héritage pour les autres, un don aux autres, en définitive. Lorsque l’on crée un monde tolérable pour soi-même, on crée un monde tolérable pour les autres.

Nous écrivons aussi pour aviver notre perception de la vie, nous écrivons pour charmer, enchanter et consoler les autres, nous écrivons pour donner une sérénade aux êtres qui nous sont chers.

Nous écrivons pour goûter la vie deux fois, sur le moment et après coup. Nous écrivons, comme Proust, pour la rendre éternelle, et pour nous persuader qu’elle est éternelle. Nous écrivons afin de pouvoir transcender notre vie, aller au-delà. Nous écrivons pour nous apprendre à parler avec les autres, pour consigner le voyage à travers le labyrinthe, nous écrivons pour élargir notre univers, lorsque nous nous sentons étranglés, gênés, seuls. Nous écrivons comme les oiseaux chantent. Comme les peuples primitifs dansent leurs rituels. Si vous ne respirez pas à travers l’écriture, si vous ne pleurez pas en écrivant, ou ne chantez pas, alors, n’écrivez pas. Parce que notre culture n’a que faire de tout cela. Lorsque je n’écris pas, je sens mon univers rétrécir. Je me sens en prison. Je sens que je perds mon feu, ma couleur. Ce devrait être une nécessité, comme la mer a besoin de se soulever. J’appelle cela respirer. »

jeudi 3 novembre 2016

Ecouter Eco au lieu de faire mon nano...

... et avoir des milliers d'idées qui surgissent !
Je vous indique le lien pour découvrir un peu plus avant ce grand homme :
https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-auteurs/umberto-eco-13-le-bibliophage

Et voici le texte complet d'une très belle réflexion sur la lecture :

"Chi non legge, a 70 anni avrà vissuto una sola vita : la propria. Chi legge avrà vissuto 5000 anni : c'era quando Caino uccise Abele, quando Renzo sposò Lucia, quando Leopardi ammirava l'infinito... perché la lettura è un'immortalità all'indietro."


"Ceux qui ne lisent pas n'auront à 70 ans vécu qu'une seule vie : la leur. Ceux qui lisent auront vécu 5000 ans : ils étaient là quand Caïn a tué Abel, quand Renzo a épousé Lucia, quand Leopardi admirait l'infini... parce que la lecture est une immortalité à rebours."


mardi 1 novembre 2016

Avec Agnès Marot aux Utos

Je suis en vacances, certes, mais je travaille, et quand je ne travaille pas, je suis avec Agnès Marot aux Utos... de fait, si vous voulez un article, allez sur son blog :






(en plus, elle parle des bouquins Dys !!! C'est Agnès qui a bossé sur l'adaptation de Adèle et 14-14 en édition Dys chez Castelmore, avec l'association La Plume de l'Argilète)


Si vous voulez connaître Agnès, outre aller voir son blog, vous pouvez consulter sa bibliographie :


dimanche 4 septembre 2016

Résolution

Quand vient la rentrée, les profs font leurs résolutions de nouvelle année. Et oui, on est un peu décalés...

Pour ma part, outre tenir mon casier rangé, j'ai surtout décidé ce week-end de travailler plus l'écriture, de la travailler vraiment, de lire, d'écrire, de noter, de creuser, de chercher bien plus que je ne le faisais jusque là. Qui m'a donné cette impulsion ? Barbara, mon éditrice. Elle sait me faire travailler et elle sait qu'il faut que je travaille plus pour atteindre mes nouveaux objectifs. Alors au boulot.
Déjà, je vais commencer par établir ici le calendrier de travail prévisionnel :

A rendre pour fin novembre : Manoir en folie (titre provisoire) + suite (roman historique 2017 dans la collection Castelmore)

A rendre pour avril : Louise Cigogne (roman pour cycle 3 pour une nouvelle éditrice)

A rendre pour fin novembre 2017 : Peach crime (romans pour lycéens pour Castelmore)

+ Essai sur Harry Potter courant de l'année

+ Projet secret courant de l'année s'il se concrétise

Si ces deux projets n'avancent pas, j'ai aussi bien envie d'écrire Banana bread, ma novella de SF dans la lignée des Fortune cookies. Et aussi Loupés, dans la lignée de Féelure.

Pour commencer mon travail d'écrivain, j'ouvre un cahier, j'y colle une bibliographie de romans dits de "réalité magique" et j'établis la généalogie de mes personnages.
Allez zou, au taf !

lundi 1 août 2016

La fiancée du pirate

Un film à voir !!



https://www.youtube.com/watch?v=j5WREkiT1P4

vendredi 22 juillet 2016

Question de genres...

En préambule, une citation de la très appréciée, voire même vénérée... Mme de Sévigné !! 

Eh oui, j'avoue, elle a aussi de bons côtés.
D'ailleurs, si vous n'avez pas lu encore l'hommage, discret, que je lui rends dans Les Lettres volées, n'hésitez pas, le bouquin plaît beaucoup et je serais ravie d'en parler avec vous !

Donc, cette femme parfois fort drôle disait à Ménage :

"Madame de Sévigné s’informant de ma santé, je lui dis : Madame, je suis enrhumé. 
Je la suis aussi, me dit-elle. 
Il me semble, lui dis-je, Madame, que selon les règles de notre langue, il faudrait dire, Je le suis. 
Vous direz comme il vous plaira, ajouta-t-elle, mais pour moi je croirais avoir de la barbe si je disais autrement."
Ménage, Menagiana, ou les bons mots, les pensées critiques, historiques, morales et d’érudition de Monsieur Ménage, recueillies par ses amis, seconde éd.augmentée. Paris, Delausne, 1694, p. 87

Uh uh uh ! Mme de Sévigné réagissait là contre une nouvelle règle d'accord de l'académie française, cette vilaine institution qui a si mal fait son travail depuis bientôt 5 siècles. Comme l'expliquent Aurore Evain et  Eliane Viennot, les grammairiens au début du XVIIe siècle établissent comme règle l’emploi du pronom “le” invariable, mais il faut plusieurs générations pour qu’elle s’impose, et ce sont les femmes qui y résistent le plus.

Je bosse sur le sujet dans l'hypothèse d'un tome 2 aux aventures de Mlle de Sévigné (je ne suis pas encore décidée...) et j'ai trouvé de forts intéressants articles sur le sujet grâce à Véronique Roméo.

En résumé, au XVIIème, la transformation de la société, du féodalisme à la monarchie absolue, a écrasé les velléités féminines d'indépendance et a relégué la femme à un rôle subalterne. Je vous en ai déjà parlé car c'est un des sujets qui m'intéressent dans Les Lettres volées, la façon dont les Précieuses ont été ridiculisées car elles étaient dangereuses pour le pouvoir masculin en place. Je n'ai fait qu'ébaucher encore cela, c'est pour ça que je pense au tome 2.
Dans la langue, cela s'est traduit par la transformation du genre des mots : les noms féminins de métier ont disparu, les trucs négatifs, mous ou associés à la féminité sont devenus féminins de genre et à l'inverse les trucs couillus et poilus sont devenus masculins.

Un erreur est devenu une erreur, un insulte est devenu une insulte, une art devient un art, une honneur devient un honneur.

Je ne vais pas vous faire un article complet sur la sexualisation des mots de la langue française au XVIIème, mais plutôt vous proposer une petite sitographie qui en parle mieux que moi. Le premier article est parfait pour avoir une vue exhaustive !

http://sexes.blogs.liberation.fr/2015/05/31/le-mot-autrice-vous-choque-t-il/

http://www.page-seauton.com/auteur-auteure-ou-autrice/